Arrêt de travail pour maladie : le nouveau plafond des IJSS dès juillet 2026
La revalorisation du SMIC en juin 2026 entraîne une légère hausse du montant maximal des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) versés aux salariés en arrêt de travail pour maladie. Le point sur le plafond des IJSS et le détail des calculs.
Table des matières
Le 1er juin 2026, le salaire minimum de croissance (SMIC) a été revalorisé automatiquement (après une première revalorisation au 1er janvier 2026) : il est passé de 12,02 euros à 12,31 euros, soit 1 867,02 € bruts mensuels pour 35 heures hebdomadaires. Cette augmentation de 2,41 % implique ainsi une revalorisation du plafond des indemnités journalières de l’Assurance Maladie (Sécurité sociale) pour les arrêts de travail.
Le nouveau plafond des IJSS dès juillet 2026
Les indemnités journalières (IJ) sont égales à 50 % du salaire journalier de base. Ce salaire journalier de base est égal au total des 3 derniers salaires bruts perçus avant l’arrêt de travail, divisé par 91,25.
Depuis le 1er avril 2025, pour tous les arrêts de travail débutant après cette date, les salaires pris en compte ne peuvent pas dépasser 1,4 SMIC (soit 2613,82 euros au 1er juin 2026).
Avec la première revalorisation du SMIC au 1er janvier 2026, l’indemnité journalière maximale passait ainsi à 41,95 € pour les arrêts de travail entre janvier et mai 2026.
Pour les arrêts de travail débutant à partir du 1er juillet 2026, le calcul du montant des indemnités journalières (IJ) versées par la Sécurité sociale est le suivant :
IJSS pour un salaire mensuel brut inférieur à 2 613,82 euros
- Salaire journalier de base = salaire brut des 3 derniers mois divisé par 91,25
- Indemnité journalière = salaire journalier de base divisé par deux
Exemple de calcul pour un salaire brut de 2 100 € par mois au cours des 3 mois précédant l’arrêt de travail
- Salaire brut des 3 derniers mois = 2 100 x 3 = 6 300 euros
- Salaire journalier de base = 6300 / 91,25 = 69,04 euros
IJ = 69,04 x 50 % = 34,52 euros
IJSS pour un salaire mensuel brut supérieur ou égal à 2 613,82 euros
Indemnité journalière = 42,97 euros
Exemple de calcul pour un salaire brut de 2 800 € par mois au cours des 3 mois précédant l’arrêt de travail
Le calcul ne prend en compte que le plafond des IJSS correspondant à 1,4 SMIC (2613,82 euros).
- Salaire brut des 3 derniers mois = 2613,82 x 3 = 7 841,46 euros
- Salaire journalier de base = 7 841,49 / 91,25 = 85,93 euros
- IJ = 85,93 x 50 % = 42,97 euros
Rappel : le plafond des IJSS est passé de 1,8 à 1,4 SMIC en 2025
Suite à la parution du décret du 20 février 2025, le plafond des revenus pris en compte pour le calcul des IJSS était passé au 1er avril 2025 de 1,8 SMIC à 1,4 SMIC.
Cette réforme s’explique notamment par la forte augmentation du nombre d’arrêts maladie ces 10 dernières années, passant de 6,4 millions à 8,8 millions en 2022. Or, cette croissance n’était « pas soutenable » pour le budget de la Sécurité sociale, comme l’expliquait l’ex-ministre de la Santé Aurélien Rousseau en août 2023.
Pour réduire ces dépenses, plusieurs pistes avaient été envisagées à l’époque par le gouvernement, sans qu’aucune ne voit le jour. Parmi elles, l’augmentation du nombre de jours de carence ou la mise en place d’un jour de carence d’ordre public que, ni la Sécurité sociale, ni l’employeur ne pourraient prendre en charge.
Le décret du 20 février 2025 a finalement tranché pour la réduction du plafond de rémunération pris en compte pour le calcul des indemnités journalières par la Sécurité sociale (IJSS).
Cette mesure devrait permettre à la Sécurité sociale d’économiser 600 millions d’euros.
Quelles sont les conséquences d’une telle mesure pour l’employeur et ses salariés ?
Les employeurs sont directement affectés : la diminution de l’IJ versée par la Sécurité sociale entraîne automatiquement la hausse de l’indemnité journalière complémentaire que l’employeur doit verser aux salariés en arrêt de travail lorsqu’il est tenu par une obligation de maintien de salaire.
De la même manière, les organismes de protection sociale – qui devraient être davantage sollicités – pourraient répercuter la hausse des indemnités journalières sur les cotisations des contrats de prévoyance, entraînant ainsi un surcoût supporté par les salariés et les employeurs.
Il est également à noter que dans certains cas de figure, cette réforme pèse directement sur le portefeuille des salariés dont le salaire est supérieur à 1,4 SMIC. Sont visés ceux qui :
- n’ont plus droit au maintien de salaire de l’employeur en raison de la durée de leur arrêt de travail, et qui ne sont pas couverts par un contrat de prévoyance.
- ont moins d’un an d’ancienneté, car ils ne peuvent pas bénéficier du maintien de salaire de leur employeur (sauf dispositions conventionnelles plus favorables).
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