Absentéisme en entreprise : 3 clés pour comprendre et agir

L’absentéisme est un enjeu complexe, à la croisée des problématiques humaines, organisationnelles et économiques mais aussi un levier stratégique pour renforcer la performance sociale de votre entreprise. Nos experts Albine Gasquet et Pascal Ronzon vous aident à mieux comprendre les enjeux de l’absentéisme et vous donnent les clés pour agir efficacement, autour de trois axes majeurs.

Un phénomène massif et coûteux

L’absentéisme représente aujourd’hui un enjeu économique majeur pour les entreprises françaises. Selon l’Observatoire des arrêts de travail publié en octobre 2025 par Le Groupe APICIL*, le taux d’absentéisme atteint 4,41 % en 2024, en légère augmentation par rapport à l’année précédente.

Le phénomène touche toutes les entreprises, indépendamment de leur taille, de leur secteur ou de leur localisation. Aucune distinction territoriale n’est observée. La pression financière qui s’est renforcée dans les organisations ces dernières années accentue d’ailleurs l’ampleur du sujet.

Fortement implanté dans l’ensemble du tissu économique, Le Groupe APICIL est en première ligne pour observer cette tendance. Le nombre d’arrêts de travail a doublé en dix ans et près d’un salarié sur trois (27,46 %) a connu au moins un arrêt dans l’année, selon l’Observatoire des arrêts de travail 2024. La dynamique concerne toutes les catégories professionnelles sans tenir compte de la taille des entreprises.

Entre pathologies, fragilités et usure au travail

La première cause d’absentéisme reste la maladie ordinaire. Les arrêts les plus longs sont liés aux maladies professionnelles, tandis que les accidents et pathologies psychiques ne cessent d’augmenter. L’absentéisme est donc à la croisée de plusieurs réalités : la santé physique et mentale, les contraintes professionnelles et la fragilité sociale.

Deux dynamiques se percutent : la fréquence des arrêts de courte durée et la persistance des arrêts longs. Par ailleurs, la réduction des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) à 1,4 SMIC depuis avril 2025 modifie l’équilibre économique pour les salariés gagnant plus de 30 000 € par an.

Il est difficile d’identifier précisément les publics les plus exposés, mais les données révèlent une vulnérabilité accrue chez les seniors, les femmes, les salariés peu qualifiés et ceux avec une ancienneté importante. Une étude de la DARES (mars 2023) révèle d’ailleurs que 1 salarié sur 3 ne se sent pas capable de tenir jusqu’à la retraite, illustrant une usure professionnelle marquée et un sentiment croissant d’insoutenabilité du travail.

À ces constats s’ajoute une montée du micro-absentéisme, souvent révélateur de mal-être diffus ou de perte de repères professionnels.

Réguler l’absentéisme : prévenir, accompagner, maintenir

Face à ce phénomène de fond, les entreprises doivent repenser leur approche. Si l’absentéisme a des conséquences financières évidentes, il génère également isolement, perte de compétences et risques psychosociaux. Il s’agit donc de l’aborder comme un enjeu de santé globale.

« Réguler l’absentéisme, c’est accompagner les salariés », rappelle Albine Gasquet Directrice du Groupe JLO. À leur retour, certains collaborateurs montrent des troubles cognitifs ou une perte de repères : « Parfois, on a l’impression qu’ils ont tout oublié. Ils posent des questions qui surprennent. Physiquement ils sont là, mais mentalement, ils sont encore absents. » ajoute-t-elle.

D’où la nécessité de préparer la reprise, à l’image d’un parcours d’intégration. Après plusieurs semaines ou mois d’arrêt, le salarié peut être confronté à des changements de rythme, d’équipe, de logiciels, voire de poste. « Tout a un impact », souligne l’experte. L’entreprise doit donc prendre le temps de reconstruire le lien avec le salarié.

Les leviers de réussite s’articulent autour de deux phases :

  • En amont, avec la détection des signaux faibles (fatigue, isolement, retards, addictions) et la mise en place de mesures de prévention ;
  • pendant l’arrêt de travail en maintenant un lien avec le salarié : visite de pré-reprise, visite de liaison avec le médecin du travail, échanges réguliers. « La loi n’interdit pas de garder le lien pendant l’arrêt », explique Pascal Ronzon expert de la protection sociale du Groupe APICIL.

Mettre en place un processus structuré de maintien dans l’emploi est aujourd’hui indispensable car 1 salarié sur 3 sera concerné par un arrêt dans l’année. Cela suppose d’avoir identifié les bons interlocuteurs, les bons outils et de savoir comment réagir efficacement.

Parmi les bonnes pratiques :

  • La désignation d’un référent unique pour accompagner le salarié au retour.
  • Le recours à une cellule de maintien dans l’emploi via les services de prévention et de santé au travail (SPST), notamment pour les arrêts longue durée.

L’absentéisme impacte directement trois dimensions-clés de l’entreprise : financière bien entendu, sociale (en lien avec la politique RSE) et médiatique, à travers l’image projetée de l’entreprise. Le sujet n’est donc plus seulement technique : il devient stratégique.

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* Étude basée sur un échantillon de plus d’un million de personnes et croisant les données de notre portefeuille avec des données nationales. Pour en savoir plus : Observatoire des Arrêts de Travail : résultats de la 4ème édition, en partenariat avec le Groupe JLO

Prévoyance collective et arrêts de travail : l’offre APICIL

Entreprise, découvrez l’offre de prévoyance collective APICIL TOTEM et les services proposés pour gérer l’absentéisme :

  • le service TOTEM Absentéisme, pour vous aider à prévenir et gérer les arrêts de travail (inclus au contrat de prévoyance ) ;
  • et le service supplémentaire de contrôle des arrêts de travail, SESAME, (en option).