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Dirigeant d’entreprise : comment optimiser votre pension de retraite issue des régimes obligatoires ?

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Vous êtes dirigeant d’entreprise, assimilé salarié ou bien travailleur indépendant ? Des solutions existent pour éviter une baisse trop importante de vos revenus à la retraite. Rachat de trimestres, retraite progressive ou encore départ retardé, découvrez comment optimiser votre pension de retraite issue des régimes obligatoires. Une stratégie de retraite supplémentaire est également recommandée. Explications.
retraite dirigeant homme travaille sur son ordinateur

S’il n’y a pas d’âge pour commencer à se préoccuper de sa retraite, il est préférable d’y penser le plus tôt possible, afin de conserver un maximum de marges de manœuvre quant à son départ de la vie professionnelle. Surtout, il faut envisager qu’à l’avenir le montant des pensions des régimes obligatoires soit revu à la baisse notamment à cause de l’allongement de l’espérance de vie.

Le dirigeant d’entreprise, qu’il soit assimilé salarié ou bien travailleur indépendant (TI), n’échappe pas à ces préoccupations.

Alors qu’il est possible d’optimiser sa pension de retraite obligatoire (celle issue des régimes de base et complémentaire) par divers moyens, des stratégies existent également pour apporter un complément à cette dernière, afin d’éviter une baisse trop importante de revenus.

Comment optimiser sa pension de retraite issue des régimes obligatoires ?

Durant sa période d’activité, le dirigeant d’entreprise affilié à un régime aligné cotise aux régimes de retraite obligatoires auxquels il est rattaché :

  • le dirigeant TI dépend de la Sécurité sociale des indépendants (SSI) intégrée au régime général de la Sécurité sociale pour sa retraite de base et complémentaire ;
  • le dirigeant assimilé-salarié dépend de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) pour sa retraite de base, tandis que sa retraite complémentaire est assurée par l’AGIRC-ARRCO.

Quel que soit son statut – assimilé salarié ou indépendant – le dirigeant d’entreprise bénéficiera des mêmes droits à retraite de base.

C’est au niveau de la retraite complémentaire que les dirigeants assimilés-salariés prennent l’avantage : compte tenu d’un taux de cotisations sociales et d’une assiette de cotisation plus faibles que ceux des assimilés-salariés, les dirigeants indépendants acquièrent moins de droit à retraite. Mettre en place une stratégie de retraite supplémentaire est alors recommandé.

Mais certaines possibilités existent, d’abord, pour optimiser le montant de sa pension de retraite obligatoire, et notamment :

Racheter des trimestres

Pour pouvoir prétendre à la meilleure pension de retraite possible de la part des régimes obligatoires, il est préférable de viser le taux plein, pour lequel deux conditions sont impératives (à moins d’avoir 67 ans, l’âge du taux plein automatique) :

  • Avoir atteint au moins l’âge légal de la retraite, soit 62 ans (sous réserve du dispositif de carrière longue) ;
  • Justifier de la durée d’assurance minimum requise pour sa génération (le nombre de trimestres nécessaires correspondant à son année de naissance).

Le rachat de trimestres dit « rachat Fillon » ou « versement pour la retraite » permet de récupérer des trimestres qui n’ont pas été acquis en raison d’études supérieures ou bien d’années incomplètes. Il est possible dans la limite de 12 trimestres.

Le rachat peut être un mécanisme très intéressant lorsqu’il permet le déclenchement du taux plein. Dans ce contexte, l’opération pourra s’avérer rentable même si elle est coûteuse. Avant d’effectuer un rachat de trimestre, la réalisation d’une simulation personnelle avec un professionnel est conseillée.

Il est conseillé de ne pas attendre la fin de carrière pour effectuer un rachat, car plus la demande est faite tard (proche de la retraite), plus elle sera coûteuse.

Le saviez-vous ?

Les sommes déboursées pour le rachat d’un ou plusieurs trimestres sont entièrement déductibles du revenu imposable. Plus la tranche marginale d’imposition est élevée, plus l’économie d’impôts sera conséquente.

Cette formule peut donc profiter particulièrement au dirigeant dont les revenus sont élevés et dont le rachat de trimestres dépasse le montant d’impôt. Si le revenu ne peut pas absorber la totalité du déficit, ce dernier est reportable les années suivantes.

Retarder son départ

Travailler plus longtemps, si le salaire est élevé, contribue à augmenter la moyenne de revenus qui sera prise en compte pour le calcul de la retraite de base du dirigeant. La pension de retraite étant calculée avec, comme élément de référence, les 25 meilleures années de salaire brut, dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale (le PASS, qui est de 41 136 € en 2022).

Le dirigeant peut également choisir de continuer de travailler, même après avoir atteint le nombre de trimestres requis pour bénéficier du taux plein. Cela lui permettra d’acquérir des droits supplémentaires pour la retraite. Un système de surcote de la pension de base est prévu dans le régime général, si bien que la pension sera majorée pour chaque période supplémentaire de travail. Bien que plafonnée, la pension de base est augmentée de 1,25 % par trimestre, soit 5 % sur une année complète.

Enfin, pour les dirigeants assimilés-salariés uniquement, retarder le départ permet aussi de se constituer une retraite plus conséquente grâce aux points AGIRC-ARRCO acquis en plus. C’est également une stratégie permettant d’éviter le bonus-malus de l’AGIRC-ARRCO. Pour rappel, le salarié demandant sa retraite complémentaire à la date à laquelle il bénéficie du taux plein dans le régime de base subit une minoration de 10 % pendant 3 ans, ce qui peut selon les cas représenter une somme conséquente.

Utiliser le mécanisme de retraite progressive

Bien que méconnu, le dispositif de retraite progressive présente plusieurs avantages. Il s’agit d’un dispositif d’aménagement de fin de carrière permettant de continuer à travailler à temps partiel tout en percevant une partie de sa pension de retraite. Point très intéressant : le dirigeant continue à acquérir des droits à la retraite grâce à son activité professionnelle réduite.

Pour en bénéficier, le dirigeant doit remplir plusieurs conditions :

  • être âgé d’au moins 60 ans ;
  • avoir cotisé 150 trimestres d’assurance (tous régimes confondus) ;
  • et exercer une ou plusieurs activités représentant une durée de travail globale entre 40% et 80% de la durée de travail à temps complet.

À noter qu’avant 2022, les mandataires sociaux salariés étaient exclus du bénéfice de la retraite progressive. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2022 a étendu son accès à ces derniers. La mesure est entrée en vigueur le 1er janvier 2022.

Faire régulariser ses droits si nécessaire

Les erreurs sur le montant de la retraite obligatoire sont assez courantes. Il est conseillé de vérifier que tout soit bien mentionné dans le dernier relevé de situation individuelle accessible sur le site de l’Assurance retraite. Parfois, des trimestres sont oubliés (job d’été, enfants, service militaire, maladie…), des salaires sont mal reportés (changement d’employeur, années manquantes…), ou bien des points complémentaires sont oubliés (années manquantes, majoration enfants…). 

En cas d’erreurs, d’anomalies ou d’omissions dans le relevé de carrière, il est ainsi possible de signaler ces dernières aux caisses de retraite concernées, pour qu’elles soient corrigées au plus tôt. Lors de l’accomplissement de cette démarche de régularisation, il est nécessaire de joindre au courrier adressé aux caisses les justificatifs prouvant l’erreur (fiche de paie, livret militaire…).

Le relevé de situation individuelle est également accessible via l’application Mon compte retraite de l’Agirc-Arrco. Cliquer ici pour télécharger l’application Mon compte retraite – Agirc-Arrco

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