Entrepreneurs : bien choisir votre mutuelle et votre prévoyance dès la création

Découvrez un nouveau format audio animé par Lisa et Stéphane, qui analysent et mettent en perspective l’accompagnement des créateurs d’entreprise par les équipes d’APICIL en matière de protection sociale. À partir de l’interview de l’une de nos conseillères, déjà disponible sur notre site, ils en décryptent les messages clés, en éclairent les enjeux et apportent des repères concrets pour mieux comprendre notre approche. Ce format audio permet de prendre du recul, d’illustrer nos engagements et de valoriser l’expertise de nos équipes. Vous pouvez l’écouter ci-dessous ou consulter la retranscription complète pour approfondir le sujet.

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Stéphane : Bonjour et bienvenue. Aujourd’hui, on s’attaque à un sujet, disons un des aspects les moins glamour de la création d’entreprise.

Lisa : Ah oui, on peut le dire.

Stéphane : La protection sociale. On pense au logo, au site web, au premier client, mais on repousse toujours cette question, qu’est ce qui se passe si le moteur de la fusée, c’est à dire soi-même, tombe en panne ?

Lisa : C’est vraiment le sujet que beaucoup d’entrepreneurs mettent sous tapis. Et pour en parler, notre source est particulièrement intéressante. Ce n’est pas un texte de loi aride mais la transcription d’un entretien avec une certaine Marie-Pierre. C’est une conseillère du Groupe APICIL et son métier, c’est d’accompagner les créateurs d’entreprises au quotidien. Du coup, on a une perspective de terrain très humaine.

Stéphane : Oui. C’est exactement ça qui nous a intéressé. Notre mission, ça va être d’extraire de cet échange les conseils pratiques, les pièges à éviter. Et puis surtout de comprendre la psychologie de l’entrepreneur face aux risques, pourquoi ce sujet qu’on a tendance à fuir est en réalité au cœur de la réussite d’un projet ?

Lisa : Et le point de départ qu’elle décrit est assez saisissant, elle dit que dans la grande majorité des cas, quand un créateur la contacte, aucune protection sociale n’est encore en place.

Stéphane : Rien du tout.

Lisa : Rien, c’est un angle mort quasi systématique, donc tout son travail commence sur une page blanche, par de l’éducation, de la pédagogie en fait.

Pourquoi la protection sociale est souvent reléguée au second plan

Stéphane : Alors commençons par-là justement. Marie-Pierre insiste beaucoup sur la nature de son rôle. Elle dit, et je la cite, que ses collègues et elle sont des conseillers, pas des vendeurs. J’ai trouvé ça très fort.

Lisa : Oui, ça change toute la dynamique. Elle n’arrive pas avec un catalogue de produits. Son premier outil, c’est l’écoute. Elle cherche à cartographier l’écosystème complet de la personne.

Stéphane : D’accord.

Lisa : Bien sûr, elle pose les questions techniques, le statut, le secteur d’activité, la maturité du projet, mais c’est ce qui vient après qui est déterminant.

Stéphane : Oui, elle dit, je m’intéresse également à sa situation familiale, la présence d’un conjoint, l’activité de l’épouse ou de l’époux, les enfants. Et là je me suis fait la réflexion, est ce que ça ne peut pas paraître un peu intrusif ? Pourquoi c’est si crucial ?

Lisa : C’est une excellente question, mais ce n’est pas de la curiosité, c’est une analyse de risque globale. La situation familiale, ça change tout. Un créateur célibataire n’a pas les mêmes besoins qu’une mère de famille dont le conjoint est aussi indépendant. Le risque financier en cas de coup dur n’est absolument pas le même. Et elle fait une remarque fascinante.

Stéphane : Laquelle ?

Lisa : Souvent, les conjoints sont beaucoup plus sensibles à cette question. Ils ont une vision plus globale du foyer, alors que le créateur lui a la tête dans le guidon.

Stéphane : Je vois, c’est une façon de prendre de la hauteur, de considérer l’impact sur toute la famille, pas juste sur l’entreprise.

Lisa : Précisément et cette approche, ça construit une relation de confiance, on sort d’une logique de transaction pour entrer dans une logique de service. D’ailleurs, elle souligne qu’ils font des points réguliers la première année pour ajuster le tir.

Stéphane : C’est du sur mesure évolutif en quelque sorte.

Lisa : C’est ça le revenu augmente, on augmente peut être les garanties. La situation change, on revoit le contrat.

Stéphane : Et ça, c’est vraiment l’antithèse des plateformes anonymes où on coche des cases. Elle parle d’être un point de repère hein ? Un point d’entrée. Exactement. Pour un entrepreneur qui est souvent très seul, j’imagine que d’avoir un contact direct, une personne qui connaît le dossier, c’est une aide.

Lisa : C’est une forme de décharge mentale. C’est un sujet complexe, anxiogène, qu’on peut déléguer en confiance. Ça libère de la bande passante pour se concentrer sur son cœur de métier. Tout est résumé dans sa phrase.

Lisa : Chaque situation étant différente, les recommandations sont entièrement personnalisées.

Un accompagnement sur mesure pour sécuriser chaque situation

Stéphane : Et ce besoin d’accompagnement, ça vient d’une observation psychologique très fine qu’elle fait. Les entrepreneurs ont un angle mort béant sur ce sujet. C’est un paradoxe fascinant, non ? Il faut un optimisme fou pour se lancer, mais il faut un pessimisme pragmatique pour durer.

Lisa : Elle explique très bien pourquoi cet angle mort existe. D’abord au démarrage, l’entrepreneur, c’est un homme-orchestre, il est commercial, gestionnaire, technicien.

Stéphane : Il est partout.

Lisa : Voilà, il est submergé par l’opérationnel et la protection sociale. Ça lui apparaît comme une tâche administrative de plus non urgente, le fameux on verra plus tard.

Stéphane : Mais ce n’est pas juste un manque de temps. Il y a un côté psychologique, une sorte de sentiment d’invincibilité. Elle le dit, il pense que cela n’arrive qu’aux autres.

Lisa : Bien sûr.

Stéphane : Mais est ce que ce biais n’est pas une condition nécessaire pour entreprendre ? Si on analysait froidement tous les risques, est ce qu’on oserait encore créer sa boîte ?

Lisa : Vous mettez le doigt sur la tension fondamentale. Oui, il faut cette fois en son projet. Le problème, c’est que le réel, lui, s’en fiche de nos biais. Un accident, une maladie, ça ne prévient pas. Et c’est là que sa méthode est brillante.

Stéphane : Comment est-ce qu’elle fait pour percer cette bulle ?

Lisa : Elle n’assomme pas de statistiques anxiogènes. Elle utilise une technique de projection très simple mais incroyablement efficace. Elle leur pose une question directe. Combien de temps pourrait-il faire face financièrement en cas d’arrêt de travail prolongé ?

Stéphane : C’est redoutable, ça sort le risque de l’abstrait pour le ramener au très concret ce n’est plus l’accident de la vie, c’est comment vous payez le loyer le mois prochain ?

Lisa : Exactement. La question devient personnelle, immédiate. Et pour enfoncer le clou, elle utilise un exemple que tout le monde connaît, celui de Michael Schumarer. Un champion au sommet de sa forme, de sa richesse, dont la vie bascule en une seconde. Le but, ce n’est pas de faire peur, mais de provoquer un déclic rationnel.

Stéphane : Ah oui ! Et ça recadre la discussion. On ne parle plus d’une charge mais de gestion de risque. On assure bien ces locaux son. Stock, là, il s’agit d’assurer l’actif principal, sa capacité à générer du revenu.

Lisa : Et c’est ce déclic qui amène à la première grande confusion, le premier point à clarifier pour presque tout le monde, la différence entre la mutuelle et la prévoyance.

Mutuelle et prévoyance : deux protections complémentaires, deux logiques différentes

Stéphane : Le grand classique. Marie Pierre dit que la discussion commence presque toujours par la mutuelle, les gens veulent savoir pour leurs lunettes, leurs soins dentaires.

Lisa : C’est un réflexe normal, c’est tangible. C’est ce qu’on connaît du salariat. On cherche à reproduire ce qu’on a perdu.

Stéphane : Et donc son rôle, c’est de rééquilibrer les choses.

Lisa : Voilà. Pour faire une analogie simple, la mutuelle, c’est l’entretien de la voiture, ça rembourse un pneu crevé, un pare-brise, c’est utile, mais la prévoyance, c’est l’assurance pour le cas où le moteur casse.

Stéphane : Et que la voiture est immobilisée.

Lisa : Exactement. Et pour un indépendant, si la voiture ne roule pas, il n’y a plus aucun revenu qui rentre.

Stéphane : L’image est très claire, d’un côté une dépense imprévue, de l’autre l’arrêt total des rentrées d’argent. Le risque n’est pas du tout de même nature.

Lisa : Voilà le risque le plus dévastateur. Ce n’est pas une couronne dentaire à 800€, c’est de se retrouver avec 0€ de revenu pendant 6 mois. C’est ça qui peut couler une entreprise à une famille. La prévoyance, elle maintient un revenu.

Stéphane : Et dans l’entretien, elle mentionne un détail très spécifique au contrat d’APICIL qui m’a semblé très pertinent aujourd’hui, c’est la prise en charge des maladies non objectivables. Qu’est-ce que ça veut dire exactement ?

Lisa : C’est un point absolument capital. Elle cite le burn out, la dépression, les lombalgies, en gros les mots de notre époque et surtout ceux des entrepreneurs.

Stéphane : D’accord ?

Lisa : Le terme non objectivable, ça veut dire que ce sont des pathologies qui ne se voient pas sur une radio ou une prise de sang, et le problème, c’est qu’elles sont très souvent des clauses d’exclusion dans beaucoup de contrats.

Stéphane : Donc on peut payer une assurance pendant des années et découvrir le jour où on craque, qu’on n’est pas couvert.

Lisa : C’est un risque bien réel. Le fait que ce type de contrat les inclut spécifiquement, c’est un argument de poids. Ça montre une compréhension des risques réels du monde du travail actuel.

Stéphane : Elle insiste aussi sur le fait que la couverture de base, celle du régime obligatoire, qui est très mal connue.

Lisa : Ah ça, c’est un autre point de pédagogie essentiel, la plupart des indépendants ne savent pas ce qu’ils toucheraient de leur caisse en cas d’arrêt. Et c’est radicalement différent si on est artisan, profession libérale ou kiné.

Stéphane : Donc le travail du conseiller…

Lisa : C’est d’abord de faire ce bilan. Voilà ce que vous avez déjà, voilà ce qu’il vous manquera. On va donc assurer uniquement ce delta. C’est là que le conseil prend toute sa valeur.

Stéphane : D’ailleurs, elle mentionne au passage qu’elle explique des dispositifs comme la loi Madelin. Juste pour être sûr en 2 mots, c’est quoi l’avantage ?

Lisa : C’est un levier fiscal majeur pour les indépendants pour faire simple, la loi Madelin permet de déduire de son revenu imposable les cotisations qu’on verse pour sa prévoyance, sa mutuelle ou sa retraite.

Stéphane : Ah d’accord.

Lisa : En gros, l’État incite les indépendants à se protéger en leur permettant de payer moins d’impôts. C’est un outil puissant, mais encore faut-il savoir qu’il existe.

Anticiper pour sécuriser durablement son projet entrepreneurial

Stéphane : Tout ça nous amène à l’impact très humain de son travail. Les anecdotes qu’elle partage sont les plus parlantes. Il y en a une qui m’a particulièrement marqué.

Lisa : Laquelle ?

Stéphane : Celle de la créatrice d’entreprise qui venait de quitter un bon poste de salarié. Elle était, je cite « très stressée à l’idée de perdre ses garanties ». Et à la fin de leur entretien, elle lâche cette phrase : « je me sens enfin sereine pour me concentrer sur mon activité ».

Lisa : C’est une phrase qui dit tout. Le vrai bénéfice n’est pas financier, il est psychologique. Ce que cette créatrice a acheté, ce n’est pas une assurance, c’est de la tranquillité d’esprit.

Stéphane : C’est un investissement en fait.

Lisa : C’est un investissement direct dans sa propre performance. Pour quelques centaines d’euros par mois, elle a racheté toute la charge mentale liée à l’anxiété pour la réinvestir dans ses clients. Ce n’est pas une charge, c’est un outil de performance.

Stéphane : Et il y a une autre histoire qui va dans ce sens. Un futur créateur qui hésitait à quitter son CDI, paralysé par la peur de perdre sa sécurité et après avoir compris comment il pouvait reconstruire un filet de sécurité et lui dit : « grâce à vous, je me sens prêt à franchir le pas ».

Lisa : C’est fou, hein ?

Stéphane : C’est incroyable de penser que ce conseil peut être le déclencheur même de la création, ça dédramatise le grand saut.

Lisa : Ça montre que l’insécurité n’est pas une fatalité, c’est un risque qui se gère. Mais pour vraiment saisir l’importance d’anticiper, il faut aussi écouter l’histoire la plus sombre qu’elle raconte.

Stéphane : L’histoire de l’associé ?

Lisa : Oui, un travailleur indépendant l’appel pour souscrire un contrat en urgence. La raison ? Son associé, 40 ans, vient d’apprendre qu’il est atteint de la maladie de Charcot. Terrible. Une maladie neurodégénérative. Et il n’avait aucune couverture prévoyance.

Stéphane : C’est glaçant. 2 hommes de 40 ans en pleine force de l’âge.

Lisa : Et c’est une tragédie qui illustre de la manière la plus brutale la phrase qu’elle prononce juste après : « quand le problème est là, c’est souvent trop tard, on ne peut pas assurer une maison qui est en train de brûler ». C’est là qu’on comprend que la prévoyance, ce n’est pas une option.

Stéphane : C’est le fondement.

Lisa : C’est le fondement sur lequel tout le reste est construit.

Stéphane : Oui, en définitive, si on synthétise ce que nous apprend cet entretien, c’est que se lancer demande du courage, de l’énergie, mais que rien de tout ça ne tient. Si les fondations ne sont pas solides, la protection sociale, ce n’est pas une fioriture qu’on ajoute à la fin.

Lisa : Non, c’est un des piliers de la structure, au même titre que le business plan. L’intégrer dès le départ, c’est se donner les moyens de durer.

Stéphane : C’est ça.

Lisa : Le message plus large, c’est que la protection de l’entreprise passe d’abord par la protection de l’entrepreneur. En passant du salariat à l’indépendance, on opère un transfert complet de responsabilité, on devient responsable de son chiffre d’affaires, de ses impôts et on oublie souvent qu’on devient aussi responsable de sa propre sécurité. C’est un changement de paradigme total.

Stéphane : Une prise de conscience qui, visiblement, a encore besoin d’être accompagnée.

Lisa : Ce qui nous laisse le coin de dernière question, une réflexion. Marie-Pierre nous dit que l’entrepreneur est à la fois commercial, gestionnaire, technicien. Il est le moteur unique de son activité. Alors qu’est ce qui explique cette barrière psychologique si forte, cette réticence à assurer son outil de production le plus critique, le plus précieux, lui-même.