Mal-être au travail en 2026 : quelles causes, conséquences et solutions ?
Déclarée Grande cause nationale en 2025, la santé mentale a bénéficié d’une visibilité accrue en France. Les premiers signes d’amélioration sont désormais perceptibles dans le monde du travail. Pour autant, près de 6 millions d’actifs restent concernés par une mauvaise santé mentale et les entreprises ont encore un rôle majeur à jouer en matière de prévention. On fait le point sur les causes du mal-être au travail, ses conséquences et les solutions à mettre en place pour le limiter.
Sommaire
- Un sujet pris à bras le corps et des premiers effets observés
- Un enjeu commun à tous les secteurs mais avec de fortes disparités
- Les causes du mal-être au travail
- Les conséquences pour les salariés et les entreprises
- Que faire contre le mal-être au travail ?
- Le guide pratique
Un sujet pris à bras le corps et des premiers effets observés
En faisant de la santé mentale une Grande cause nationale en 2025, les pouvoirs publics ont contribué à mettre davantage ce sujet sur le devant de la scène. Selon le baromètre Santé mentale et QVCT1 2026 publié par Qualisocial x Ipsos BVA, 56 % des travailleurs disent en avoir entendu parler. Parmi eux, la majorité estime que la santé mentale est aujourd’hui un peu moins taboue dans la société et qu’il est plus facile d’en parler au travail qu’il y a quelques années.
Dans ce contexte, de premiers progrès sont observés. En 2025, 25 % des travailleurs se déclaraient en mauvaise santé mentale. Ils sont 22 % en 2026, soit près de 6 millions d’actifs concernés. Cette évolution est encourageante même si elle reste encore éloignée des niveaux observés avant la crise sanitaire.
Pour autant, la situation demeure fragile. La dégradation de la santé mentale continue d’avoir des répercussions concrètes sur l’énergie, l’engagement au travail et la performance des organisations. Les écarts restent marqués selon les secteurs d’activité et le niveau de prévention mis en place dans les entreprises.
Le mal-être au travail, un enjeu commun à tous les secteurs mais avec de fortes disparités
Le mal-être au travail se définit par une souffrance mentale liée à l’activité professionnelle et à son environnement. Cela empêche une personne de faire face au stress, de s’épanouir et de fonctionner efficacement dans son activité professionnelle.
Selon le baromètre, la situation reste contrastée selon les secteurs. Si certains enregistrent une amélioration, comme l’administration publique ou l’hébergement-restauration, d’autres restent plus fragiles. C’est notamment le cas du secteur médico-social où la santé mentale demeure à un niveau particulièrement préoccupant, ainsi que ceux du transport et de la logistique, en recul en 2026.
Les plus faibles niveaux de bonne santé mentale sont observés dans les secteurs suivants :
- l’hébergement médico-social et l’action sociale : 66 %
- le commerce de gros : 71 %
- l’enseignement et la formation professionnelle : 74 %
- l’hébergement et la restauration : 75 %
- les transports et la logistique : 75 %
- les commerces de détail : 75 %
Les actifs ne sont pas non plus égaux face à la santé mentale. Des écarts persistent selon les profils, notamment selon le sexe, l’âge, la catégorie socioprofessionnelle ou encore les conditions de travail. En 2026, la situation s’améliore davantage chez les femmes, même si un écart subsiste avec les hommes.
| Bonne santé mentale 2026 | 2025 (évolution) | |
| Hommes | 80 % | 78 % (+2 points) |
| Femmes | 74 % | 69 % (+5 points) |
Enfin, des différences existent également selon l’organisation du travail et l’environnement professionnel. L’exposition au télétravail, la taille de l’entreprise ou encore sa situation économique peuvent influencer le niveau de santé mentale des salariés.
Les causes du mal-être au travail
Il existe de nombreuses causes de mal-être au travail. Ces dernières peuvent être personnelles, liées à la nature même du travail exécuté ou à l’environnement dans lequel évolue le salarié.
D’après le Baromètre Santé mentale & QVCT 2026, trois grandes catégories de facteurs impactent la santé mentale des Français :
- facteurs individuels (38 %) : équilibre émotionnel, estime de soi, capacité à gérer le stress
- facteurs liés au contexte national (32 %) : situation économique, climat social, incertitudes
- facteurs professionnels (21 %) : conditions de travail, organisation, relations au travail
Voici quelques-unes des causes identifiées dans le baromètre de la Santé mentale et QVCT et l’étude de la Dares2 sur les conditions de travail et la santé au travail publiée en 2021.
Les causes personnelles
Les causes personnelles sont davantage liées à l’individu, sa sensibilité et ses besoins.
- Un déséquilibre émotionnel ou une faible estime de soi augmente significativement le risque de mauvaise santé mentale.
- Un manque de confiance en l’avenir. Selon l’étude Ipsos BVA citée plus haut, un salarié ayant une faible confiance en l’avenir a 4,3 fois plus de probabilité d’être en mauvaise santé mentale.
- Le manque de temps pour soi (fatigue, charge mentale)
- Des difficultés économiques personnelles (coût de la vie, chômage, logement…)
- Des difficultés personnelles ou familiales (santé, relations…)
Les conditions et le rythme de travail
Plusieurs facteurs liés à la nature du travail et à ses conditions d’exercice peuvent avoir des conséquences sur la santé mentale des salariés :
- un manque d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ;
- des conditions de travail pénibles voire mauvaises (bruit, stress, port de charges lourdes, etc.) ;
- une grande quantité de tâches à effectuer au quotidien ;
- un rythme de travail atypique (trois-huit, travail de nuit, etc.).
Les causes liées à l’entreprise
Enfin, la santé mentale des salariés peut fortement être impactée par la politique de l’entreprise ou les interactions sociales :
- un management inadapté et une mauvaise ambiance de travail ;
- des violences sexistes et sexuelles ;
- du harcèlement ;
- un non-respect du Code du travail ;
- un manque de reconnaissance ;
- une absence d’évolution professionnelle ;
- un contexte socio-économique difficile.
Les conséquences pour les salariés et les entreprises
Tous ces facteurs cités plus haut peuvent avoir de sérieuses conséquences sur la santé mentale des salariés mais également sur les performances de l’entreprise.
Les signes de mal-être chez les salariés
Plusieurs signes peuvent indiquer un profond mal-être chez un salarié :
- difficultés de concentration ;
- troubles de l’humeur ;
- nombreux retards ou oublis de rendez-vous, de tâches ;
- burnout ;
- baisse de l’engagement ;
- baisse d’énergie ;
- développement ou rechute de maladies chroniques.
Des conséquences lourdes pour les entreprises
Du côté de l’entreprise, ce mal-être a un coût parfois très élevé et peut notamment se traduire par :
- une augmentation des arrêts maladie ;
- un turn-over important ;
- un fort absentéisme ;
- une hausse des accidents du travail ;
- des conflits au sein des équipes ;
- une baisse de la qualité ;
- in fine, une baisse de la performance des salariés et donc de l’entreprise ainsi qu’une dégradation de la marque employeur.
Que faire contre le mal-être au travail ?
Que dit la loi ?
Face au mal-être au travail, les employeurs ont un certain nombre d’obligations à remplir au regard de la loi. L’article L 4121-1 du Code du travail précise “L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.”
Cette sécurité physique et mentale doit être préservée à travers différents dispositifs :
« 1° Des actions de prévention des risques professionnels, y compris ceux mentionnés à l’article L. 4161-1;
2° des actions d’information et de formation ;
3° la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés. »
L’article 2 définit plus précisément les principes de prévention et notamment leur planification “en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l’organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l’influence des facteurs ambiants, notamment les risques liés au harcèlement moral et au harcèlement sexuel […] ainsi que ceux liés aux agissements sexistes […].”
La QVCT et les actions de prévention
La prévention est, pour les entreprises, l’un des axes majeurs pour limiter le mal-être des salariés au travail. Toujours selon le baromètre Qualisocial x Ipsos BVA, 44 % des salariés déclarent travailler dans une structure ne proposant aucune mesure de prévention en santé mentale, tandis que 21 % seulement bénéficient d’un plan de prévention complet.
Pourtant, ces mesures de prévention peuvent s’avérer efficaces : 86 % des salariés qui bénéficient d’un plan de prévention estiment que cela a permis une amélioration de leur santé mentale.
En quoi consiste les démarches de prévention ?
Les actions de prévention se déroulent en 3 grandes étapes :
- anticiper les risques psychosociaux pour éviter leur apparition via un audit, une étude d’impact en cas de changements majeurs dans l’entreprise et l’intégration des risques au sein du document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), etc ;
- sensibiliser aux risques psychosociaux pour limiter les effets : formations des managers sur les risques, campagne de communication en interne, ateliers d’analyse de la pratique professionnelle, etc. ;
- accompagner les salariés en situation de santé mentale dégradée : médiation en cas de conflits, accompagnement sur la résolution de situations complexes, soutien psychologique, social et juridique, etc.
Le mal-être au travail est un phénomène qui tend malheureusement à s’aggraver depuis quelques années et qui peut avoir un impact très négatif sur la performance des entreprises. Si les facteurs sont multiples, ils peuvent néanmoins être anticipés et limités par des mesures de prévention.
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Pour aller plus loin :
- Comment aider un jeune adulte en difficulté psychologique ?
- La santé mentale des Français : un enjeu majeur de ces prochaines années
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