RH : pourquoi et comment placer l’écologie et le développement durable au cœur de votre stratégie ?

Face aux enjeux environnementaux, la transformation des ressources humaines vers un modèle plus durable représente un objectif majeur pour les entreprises.

La place de la RSE dans les entreprises

Qu’est-ce que la RSE ?

La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) désigne l’engagement volontaire des entreprises à agir de manière responsable envers la société et l’environnement, tout en restant économiquement viable.

Concrètement, cela signifie qu’une entreprise intègre dans ses décisions et ses actions :

  • le respect de l’environnement (réduction des déchets, économie d’énergie, etc.) ;
  • le bien-être de ses salariés (égalité, conditions de travail, etc.) ;
  • un comportement éthique envers ses clients, fournisseurs et la société en général.

L’objectif est de concilier performance économique, impact social positif et protection de la planète.

Un terme, “Gestion verte des ressources humaines » ou « GRH verte », a également été créé en 2013 pour regrouper toutes les actions RH qui visent à améliorer la performance environnementale de l’entreprise.

L’évolution de la place de la RSE dans les entreprises

« Parlons RH » a organisé un webinaire en mai 2025, en présence de Michel Barabel, professeur affilié ‪à Sciences Po‬‬‬‬‬ Executive Education, expliquant notamment l’évolution de la place de la RSE dans les entreprises.

La fonction RH apparaît dans les années 1920 pour deux raisons : l’augmentation de la taille des entreprises et l’invention du droit du travail. On ne se préoccupe pas encore des conséquences de l’activité de l’entreprise sur la planète et sur les générations futures.

Les sujets « verts » ou écologiques progressent très lentement à partir des années 50 pour plusieurs raisons :

  • la pression législative (contraintes légales) ;
  • les contraintes financières (polluer peut coûter cher à une entreprise) ;
  • la morale (c’est mal d’abîmer la planète).

Plus la pression est forte, plus les entreprises s’engagent.

Sur les dernières années, la préoccupation écologique des entreprises tend à être de plus en plus forte, mais peut varier en fonction d’évènements (Covid, guerres, commerce…). Le webinaire de « Parlons RH » mentionne une étude sur les priorités des dirigeants des plus grandes multinationales dans le monde. Celle-ci révèle qu’en 2000 le changement climatique était en 20e position. Aujourd’hui, il atteint la 5e place. Il est important de noter qu’en 2022, avant l’augmentation du prix des matières premières et des évènements comme la guerre en Ukraine, le changement climatique avait atteint la seconde position. La révolution digitale occupe, quant à elle la première place depuis 2000.

Dans le webinaire, Michel Barabel précise que quand il y a une diminution des actions RSE, les équipes RH continuent à travailler en priorité l’adaptabilité (comment travailler par forte chaleur par exemple) plutôt que les actions pour réduire l’accélération du réchauffement climatique (la pression étant moins importante sur cette thématique).

Quelles actions mettre en place ?

Ces dernières années, on assiste à une importante prise de conscience des enjeux environnementaux, en particulier chez les jeunes générations.

La fonction RH occupe une position centrale au sein de l’entreprise. Ce sont les membres de son équipe qui peuvent déployer les initiatives durables auprès de l’ensemble des collaborateurs et les embarquer dans une vision plus écologique.

Ces initiatives sont multiples, on peut citer par exemple :

  • la décarbonisation des actions RH. Réduire son impact environnemental en tant que RH peut se faire de nombreuses façons (digitalisation des bulletins de paie, réduction du jetable…) ;
  • l’adaptation aux nouveaux risques. Des métiers sont voués à disparaître ou à évoluer face au réchauffement climatique, les collaborateurs doivent être accompagnés dans cette transition. Il y a malheureusement tous les ans des décès en France liés aux fortes chaleurs, de fortes dépressions liées à l’écoanxiété…
  • l’accompagnement des managers vers des pratiques managériales responsables ;
  • la sensibilisation des équipes aux enjeux environnementaux ;
  • la mise en place de programmes de formations pour ses collaborateurs (les gestes écologiques au sein de l’entreprise, l’écoconception pour les équipes recherche et développement (R&D), la formation des acheteurs aux critères environnementaux…) ;
  • la valorisation de la marque employeur. Les RH mettent en avant les engagements écologiques de l’entreprise auprès des candidats potentiels et des clients (bilan carbone, actions RSE…) ;
  • la création d’espaces de travail éco-conçus en privilégiant le mobilier recyclé et les équipements à faible consommation énergétique, des espaces de recyclage, de compost…) ;
  • l’évaluation des fournisseurs selon des critères écologiques ;
  • la mise en place d’indicateurs d’impact pour mesurer les actions et les communiquer en interne et à l’externe ;
  • etc.

La mobilisation de toutes les parties prenantes est essentielle. Une politique RH durable requiert une coordination étroite avec la Direction générale pour garantir sa cohérence avec les objectifs RSE de l’entreprise. La création d’un comité RSE réunissant managers, collaborateurs et représentants du personnel favorise l’émergence d’initiatives concrètes.

Comment faire avec l’arrivée de l’IA ?

L’arrivée de l’IA bouleverse les entreprises et leur fonctionnement. Michel Barabel conseille de privilégier les Specific Language Models (SLM) fonctionnant sur des schémas fermés (les Large Language Models ou LLM vont aller interroger énormément de datas, ce qui est extrêmement polluant). L’entraînement de ces LLM demande également énormément de dépense d’énergie.

En savoir plus : https://www.asi.fr/blog/ia-generative-comprendre-differences-entre-slm-llm

Politique RH durable : quels impacts pour l’entreprise ?

Agir pour la préservation de la planète a un réel impact sur la performance globale de l’entreprise.

Amélioration de l’image de marque

En développant des actions en faveur de l’écologie, l’entreprise est perçue comme responsable, éthique et soucieuse de son environnement. Cela renforce la confiance des clients, partenaires et investisseurs.

90 % des Français déclarent apprécier davantage les entreprises ayant une bonne politique de RSE. De plus, 88 % estiment qu’une telle politique renforce l’image positive qu’ils ont d’une marque. Source : La responsabilité sociale et environnementale des grands groupes vue par les Français

Attractivité et rétention des talents

La RSE est un bon moyen de se différencier sur un marché de l’emploi, de plus en plus sensible aux enjeux environnementaux. 77 % des salariés estiment que les engagements RSE d’une entreprise améliorent son attractivité. De plus, 76% des candidats regardent les informations RSE dans une offre emploi avant de postuler ou non. Source : La RSE et les RH en 2023 : sondage OpinionWay pour Kelio

Réduction des coûts et augmentation du CA

Plusieurs axes RSE permettent de réduire les coûts : optimisation des ressources, réduction de la consommation d’énergie, diminution des déchets…

Une étude réalisée par IO Sustainability et le Lewis Institute de Babson College démontre que des programmes de responsabilité sociétale bien conçus peuvent augmenter le chiffre d’affaires jusqu’à 20 %. Source : Project ROI Report: Defining the Competitive and Financial Advantages of Corporate Responsibility and Sustainability

Accès facilité à certains financements

Certaines subventions publiques ou privées sont réservées aux entreprises respectant des critères RSE ou environnementaux.
Selon une étude de Morgan Stanley, 88 % des investisseurs mondiaux privilégient les investissements durables. Source : Sustainable Signals

Anticipation des risques juridiques et réglementaires

Le 24 avril 2024, l’Union européenne a adopté une directive renforçant le devoir de vigilance des entreprises, les obligeant à prendre en compte leur impact environnemental et social, sous peine de sanctions pouvant atteindre 5 % de leur chiffre d’affaires net mondial. Source : Devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité: le Conseil donne son approbation définitive – Consilium

À noter que les entreprises s’engageant d’ores et déjà pour la planète ont des plus grandes chances de survie dans la durée.

Lien vers : Recrutement : les nouvelles attentes des salariés et jeunes générations

Adopter une démarche RSE, est bien plus qu’une obligation morale ou réglementaire pour les entreprises. En intégrant les enjeux sociaux, environnementaux et économiques dans ses décisions, l’entreprise renforce sa performance, sa résilience et sa légitimité auprès de toutes ses parties prenantes. C’est ainsi qu’elle contribue activement à construire un avenir plus responsable et plus respectueux pour tous.